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« Jusqu’à il y a quelques mois à peine, je pensais, négligemment, manquer de maître littéraire. En fait, derrière cette omission, cette négligence si délibérée, se cachait un prudent désir de ne pas blesser Sergio Pitol en l’incluant dans le labyrinthe inextricable de villes, d’impostures, de lectures distordues, d’imaginations et de dérives qui circulent dans mon œuvre.Mais, il y a quelques mois, j’ai commis une indiscrétion irréparable en répondant à une question de la journaliste Raquel Garzón. Elle m’a téléphoné chez moi pour savoir s’il était vrai, comme on le lui avait dit, que j’étais un pitolaccro. J’étais un peu déconcerté.— Je ne sais pas si j’ai bien entendu, lui ai-je répondu.Je me suis aussitôt souvenu de quelque chose de très étrange que Pitol venait d’écrire sur moi : « Le temps a fait d’Enrique l’un de mes maîtres ».Phrase généreuse, très caractéristique de Sergio. Mais extravagante, bien sûr, comment serais-je son maître ?Même ma mère, qui avait lu cette phrase, m’a demandé de lui expliquer comment le grand écrivain mexicain pouvait penser que j’étais son maître.Me remémorant tout cela, j’ai compris qu’il était temps de mettre fin à ma négligence délibérée.Je ne pouvais cacher plus longtemps cette grande vérité.— Sergio Pitol est mon maître et ami, lui ai-je répondu.Ce qui ne m’était jamais arrivé. » Titre original : Los mejores cuentos