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Comment un métal inutile est-il devenu central dans l'Antiquité au point de structurer aujourd'hui encore nos sociétés ? Pour répondre à cette question, Francis Albarede retrace l’histoire de l’argent, métal paradoxalement inutile mais central dans la formation des économies et des sociétés antiques. De son extraction précoce à son usage monnayé en Lydie, puis à sa diffusion dans le monde grec, perse et romain, l’argent devient le vecteur majeur des échanges commerciaux, le financement des armées et l’affirmation des pouvoirs politiques. Étroitement lié à l’alimentation, il fluidifie les circuits d’approvisionnement en céréales et conditionne la survie des cités, révélant l’imbrication entre ressources minières, agriculture et sécurité collective. Dans cet ouvrage, Francis Alberede montre comment l’inégale répartition des mines d’argent a creusé les disparités sociales et économiques, tout en favorisant la circulation des richesses et l’essor du commerce international. En mobilisant l’histoire, la géologie, la métallurgie et l’analyse isotopique, il propose une lecture interdisciplinaire de la monnaie d’argent comme révélateur des dynamiques de pouvoir, des inégalités et des crises. De l’Antiquité méditerranéenne aux flux massifs venus du Nouveau Monde, l’argent apparaît comme moteur de prospérité mais aussi facteur de déséquilibre, miroir des tensions universelles entre richesse, alimentation et organisation sociale.