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Après le roman Hypérion, dans lequel un jeune Grec moderne exprime son regret de la plénitude de la Grèce antique, Hölderlin tente, en 1798 de son désir de se mesurer à la tragédie grecque, « la plus rigoureuse de toutes les formes poétiques » et choisit pour thème l’histoire d’Empédocle, ce philosophe présocratique : « le grand Sici- lien qui, jadis, las de compter les heures, proche de l’âme du monde, malgré son téméraire goût de vivre, se jeta dans les flammes admi- rables » de l’Etna. Hölderlin a écrit trois versions de cette pièce, restées toutes les trois incomplètes. Les trois sont traduites ici. Elles ont chacune leur cou- leur propre, la première est celle où, sous l’habit grec, c’est un Jacobin (nous sommes à l’époque de la Révolution française) qui prêche la liberté, l’égalité et la fraternité, appelant de tous ses vœux le nouvel ordre social. Dans la deuxième version, le héros apparaît davantage comme un fondateur de religion. Dans la troisième, Empédocle n’est plus « plus qu’une âme brûlant déjà dans son corps d’homme avant d’aller, pour le fondre avec les éléments, le précipiter dans le feu de la terre ». Traducteur de ces trois fragments, poète lui-même, Jean-Claude Schneider, pour qui « Hölderlin aujourd’hui, c’est d’abord une langue » a tenté de faire passer en français les par- ticularités de cet allemand si neuf et « en rébellion contre l’harmonie » qu’il décrit dans sa préface, tout en restant soucieux d’aboutir à un texte qui a vocation à être dit sur la scène. Le livre est enrichi par la traduction nouvelle de l’important texte théorique écrit en 1799 par Hölderlin avant sa troisième tentative. Le remarquable essai de Clément Layet qui suit sa traduction va bien au-delà d’une simple postface. Désireux d’éclairer cet ensemble « particulièrement abrupt » et de rétablir une unité entre le poème dra- matique et l’essai il montre en quoi la conflictuatlié fondamentale qui était au cœur de la pensée du philosophe grec correspond au conflit intérieur présent chez Hölderlin. Et c’est le sens même du destin du poète allemand qu’il présente sous un nouveau jour, en résonance avec notre présent. Sans éviter la question que pose la récupé- ration de la poésie de Hölderlin par les nazis : n’y a-t-il pas quelque chose de « pourri » (comme l’avait écrit Paul Celan) dans l’idéalisation du sacrifice que représente La Mort d’Empédocle ?