Depuis l’Antiquité, la maison hantée s’est imposée progressivement comme une fi gure incontournable
de l’épouvante, et comme le théâtre privilégié des mystères non élucidés. En eff et, rien n’est moins évident
que d’éprouver l’inquiétante étrangeté des spectres, alors que le foyer devrait garantir calme et sécurité.
Cet ouvrage collectif pose précisément la question de ce paradoxe au prisme des sciences humaines et sociales : comment le domestique devient-il étranger à lui-même ?
L’histoire, l’anthropologie, la géographie, la philosophie, la linguistique et la psychanalyse ont chacune une pièce du puzzle à proposer. Les chercheuses et chercheurs rassemblés ici ne se limitent pas à considérer la maison hantée comme une superstition ou comme un « objet pop », mais la conçoivent comme une production sociale, politique et culturelle hautement signifi ante sur la façon dont les vivants pensent, disent, et mettent en scène leur habitat en relation directe avec les morts.
Nicolas Canova est maître de conférences en géographie à l’université de Lille (ENSAPL-LACTH).
Emmanuel Falguières est formateur à l’Éducation nationale, et doctorant en histoire des religions au LARHRA (Lyon 2).