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Mathilde et son mari ont été laissés par la guerre et l'exode dans un village au coeur de la campagne limousine. Ils y restent, à la fois séduits et enlisés. Un autre "replié", Ludovic, vit non loin d'eux, et comme eux il se perd dans cette solitude terrienne qui ramène sans cesse l'âme à son angoisse. Épris d'une jeune paysanne inaccessible, Ludovic tente inconsciemment de "transporter l'amour vrai dans l'amour faux". Il cède à l'attirance sensuelle de Mathilde. Celle-ci aime son mari. Pourtant, elle s'abandonne, poussée par une inquiétude sensuelle qu'exaspère le sentiment de la mort partout présente ici, dans la luxuriance de l'été comme dans la stérilité de l'hiver. L'impitoyable vérité de la nature contraint les amants à reconnaître leur mensonge. Cela n'est que l'enveloppe du drame. Son contenu - inexprimable, et que Jean Blanzat oblige pourtant d'affleurer en tissant autour des personnages et des paysages une espèce d'incantation - c'est l'horreur dont souffre la créature passagère confrontée à la vie de la nature et consciente d'en être exclue. Cette durée, cette autre vie qui emporte la nôtre en lui restant indifférente, une rivière - réelle - la personnifie : La Gartempe, où tout se reflète et se mesure à l'éternité.