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La France est au bord du précipice. La probabilité d’une crise profonde est importante. En effet, il y a un nombre considérable de problèmes très sérieux à résoudre : améliorer la compétitivité, réduire le chômage, augmenter l’emploi, travailler plus et investir davantage dans les entreprises, la défense, l’innovation, la lutte contre le réchauffement climatique. Enfin, équilibrer le régime des retraites et mettre fin au déficit. Mais, à tout moment, cette situation peut déclencher le drame. Notamment en cas de victoire possible de l’extrême droite. À chacune de ces difficultés, on peut trouver des solutions que je me suis permis d’esquisser. Le rétablissement est possible. À condition de le vouloir. Hélas, nos appareils de prise de décision, pyramidaux, hiérarchisés, dans le domaine politique comme dans le domaine social, ne s’y prêtent pas. Sans vrais contacts avec la réalité, leurs acteurs s’intéressent à la prise de pouvoir beaucoup plus qu’à son exercice. Notre seule chance d’échapper aux extrêmes, c’est de voir arriver à une prochaine élection présidentielle un chef d’État convaincu de la nécessité de renforcer une démocratie menacée. Comment ? Par une décentralisation politique et sociale, un rééquilibrage des pouvoirs. On a donc besoin d’un changement constitutionnel pour retrouver des moyens d’action. Qui relèvera le défi ? Jean Peyrelevade est polytechnicien, ingénieur aéronautique, professeur d’économie. Haut fonctionnaire puis banquier, il devient directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy (1981-1983), chargé de toutes les questions économiques. Il a été ensuite président de Suez, de la banque Stern, de l’UAP et enfin du Crédit lyonnais. Depuis 2003, il travaille de manière indépendante comme conseil d’entreprises. Il est également investisseur dans des start-up. Il est depuis de nombreuses années chroniqueur aux Échos.