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L'athéisme en tant qu'il nie l'existence de Dieu ou la divinité de Jésus n'est pas le pire refus de Dieu possible. D'aucuns ont trouvé Dieu et pourtant ne le servent pas, le servent d'autant moins. Ils se perdent dans la mesure même où ils l'ont trouvé. Ceux-là ne sont pas athées, ils reconnaissent tous les articles de la foi catholique et, néanmoins, refusent Dieu de la manière la plus radicale, - en connaissance de cause. Ceux-là surpassent l'athéisme et nous découvrent un lieu plus ténébreux, d'autant plus ténébreux qu'il se sert de la lumière pour épaissir ses ténèbres. Tel est le lieu du démoniaque. Il concerne premièrement les démons, sans doute, mais un chrétien ne saurait l'ignorer, car il désigne aussi une possibilité tragiquement sienne, celle d'une perdition qui s'ouvre au coeur même de la chrétienté. Le démoniaque n'est pas tant de vouloir le mal, que de vouloir faire le bien sans obéir à un autre, de vouloir faire le bien par ses seules forces, dans un don qui prétend ne rien recevoir, dans une espèce de générosité qui coïncide avec le plus fin orgueil. PRIX DE LITTERATURE RELIGIEUSE 2010 AUTEUR Fabrice Hadjadj est né en 1971 à Nanterre, de famille juive. Marié et père de quatre enfants, il enseigne la philosophie et la littérature en lycée. Il collabore au Figaro Littéraire et à Art Press. Il a publié des essais : Et les violents s'en emparent (Les Provinciales1999), La terre, chemin du ciel (2002) ; Réussir sa mort (Presses de la Renaissance, 2005, qui a reçu le grand prix catholique de littérature), La profondeur des sexes (Seuil, 2008) ; et du théâtre : A quoi sert de gagner le monde (2002), La salle capitulaire (avec le peintre Gérard Breuil), en 2003, et Massacre des Innocents (2006, Les Provinciales) ; Passion-Résurrection (avec le peintre Arcabas), 2004, aux éditions du Cerf. Il dirige les travaux de la Compagnie du Caillou blanc; La Foi des Démons ou l'athéïsme dépassé. (2009, Editions Salvator).