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Dans la collégiale de Briançon, une inscription latine gravée dans le mur surplombe les fonts baptismaux. Elle est totalement dénuée de lien avec le baptême, puisqu’elle énonce : « Le 6 décembre 1747, la prévôté d’Oulx a remis en emphytéose perpétuelle à cette communauté les dîmes de ce lieu par concession apostolique Bulle en vigueur du 9 mai 1748. » L’inscription répond aux ordres du pape Benoît XIV qui, dans sa bulle du 9 mai 1748, a exigé : « Vous vous assurerez qu’on a érigé dans quelque endroit visible […] de chacune des communautés un monument en pierre pour servir de mémoire à la postérité de ladite emphytéose. » Quelques décennies plus tard, la Révolution française met un terme à l’emphytéose. L’inscription conserve sa fonction mémorielle. En effet, elle témoigne d’une histoire de six siècles, celle de la dîme ecclésiastique en Briançonnais. Dans le Briançonnais, la perception de la dîme est compliquée par la dissociation des pouvoirs spirituels et temporels entre évêques et abbayes, entraînant procès et conflits. À travers l’étude de cette évolution du XIIe au XVIIIe siècle, Marie-Claude Revol offre aussi un portrait vivant des communautés confrontées aux exigences financières de l’Église et aux instances chargées de trancher leurs litiges.