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Les trois versets de la première épître de Pierre selon lesquels le Christ est allé « prêcher aux esprits en prison », continuent aujourd'hui à défier les exégètes (1 P 3,18-20). C'est seulement au XVIe s. que se fera l'association entre ces versets et l'affirmation du symbole de foi : « Il est descendu aux enfers ». Rémi Gounelle, de l'Institut romand des sciences bibliques (Lausanne), propose ici un parcours sur ces deux thèmes à travers les textes patristiques, liturgiques, théologiques, à travers les commentaires ou les expressions artistiques, de l'aube du christianisme à l'âge classique. La descente aux enfers intéresse-t-elle encore les chrétiens occidentaux ? Ce qui est en jeu, dans la compréhension de la formule, est pourtant capital. D'un côté, saint Augustin refusait d'y voir le salut des incroyants de tous les temps et il combattait ceux pour qui les païens présents dans le monde infernal étaient sauvés au prétexte qu'ils n'avaient pas connu le Christ. À l'opposé, pour tel théologien du XXe s., le récit imagé de la descente aux enfers signifie que même les hommes qui ont vécu avant la mort du Christ ou qui ne l'ont pas connu ont part au salut manifesté en lui.