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Il est difficile de trouver question plus classique que la construction de l’État monarchique. Toute l’originalité du sujet provient de son découpage chronologique dans le temps long. Traditionnellement, la plupart des manuels respectent la sacro-sainte coupure canonique de 1492. La question de concours nous a obligé à l’enjamber pour remonter très en amont, ce qui nous permet d’en saisir les origines. En 1715, la « monarchie de papier » est en place et s’avancer davantage dans le siècle des Lumières aurait modifié les équilibres. Par ailleurs, cette question a été profondément modifiée dans sa lecture ces dernières années et il était indispensable de prendre en compte les mutations de l’historiographie. Celle-ci, depuis une vingtaine d’années, invite à considérer l’histoire politique au prisme d’un pragmatisme attentif aux réalités locales et aux conceptions partagées, très loin d’un prétendu absolutisme qui aurait difficilement souffert de contradictions. À cet égard, l’étude d’un long XVe siècle et d’un long XVIe siècle, entre héritages médiévaux et guerres civiles, permet d’illustrer combien l’idée et l’exercice du pouvoir n’ont cessé de s’infléchir au gré des bouleversements qui ont agité le royaume tandis que perdure la dimension contractuelle de la royauté, de plus en plus étudiée dans ses aspects consensuels. La question permet ainsi de restituer, dans toute sa complexité, l’idée d’un État justicier dans sa modernité au XVIIe et XVIIIesiècle. Enfin, confier la plume à un auteur habitué de tous les jurys de concours et à deux jeunes docteurs présentait l’avantage d’avoir réuni une équipe très sensibilisée aux attentes et aux besoins des étudiants.