Marseille, septembre 1939. Les organisations étaient bloquées,
vidées de leur contenu par la mobilisation, paralysées par la
surveillance policière. L'action collective, les mouvements, les
groupes de quartier ou d'usine, les publications, tout cela était
effacé. Les dimensions du combat s'étaient brusquement
réduites. Tout militant misait sa liberté dans l'immédiat, plus
d'un jouait sa peau à échéance. Il ne restait que des individus,
acculés, traqués, réduits à leur maigre capital de relations, à
leur poignée de monnaie dans la poche et à leur costume
encore acceptable.
La France était une trappe dans une plus grande trappe
européenne en train de se refermer. Mario était ancré dans un
petit hôtel-restaurant du Vieux-Port. Mario, c'était la solidité, le
calme, la poignée de main ferme, la conviction agissante. La
certitude que la situation était désespérée, qu'elle ne pouvait
qu'empirer, et une volonté constante de tenir.
- Partons, lui dit Parrain. La guerre va s'étendre rapidement.
À la manière d'un roman, La Chevauchée anonyme évoque les
destinées aventureuses de ces «révolutionnaires du troisième
camp», qui, envers et contre tout, tentèrent de maintenir
vivante l'espérance d'un monde meilleur dans une période «où
l'on ne pouvait rien, sauf ne pas perdre la tête».
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