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Michèle Finck poursuit l'élaboration d'une oeuvre à nulle autre pareille, où l'autobiographie tient une place essentielle et s'exprime d'emblée dans une polyphonie des formes d'expression artistique, musique mais aussi peinture et cinéma. Sur un piano de paille, son précédent recueil, se concluait sur ces derniers vers : « Poésie dire ce que c'est : la condition humaine. / La musique est l'autre face de la mort. / Sa face terrestre. » C'est une autre face de l'humaine condition qui est au centre de ce nouveau livre : la maladie mentale, envisagée non de manière abstraite, mais à travers la figure de l'homme aimé. Un parmi tant d'autres « hommes nuages » enfermés dans la maladie : « Pitié pour les hommes-nuages / Qui combattent effroi aux frontières / De la folie » Ce livre n'est pas un recueil de poésie comme on l'entend. Il est d'un seul tenant, d'une seule coulée brûlante de douleur et de tendresse. Et dans le même temps totalement maîtrisé, construit avec un soin obsessionnel : « Être poète, écrit-elle / Passer vie / À chercher / Mot qui manque. / Pas pour le mot. / Pour la guérison. / Pour l'amour. / Pour sauver l'autre. » Les précédents livres de Michèle étaient des tombeaux, peuplés de pleurs et de cris, celui-ci est un chant d'amour et d'un paradoxal bonheur : « Sans toi homme-nuage / C'est la vie / Sans la vie ». « Homme-nuage / Femme-nuage : /Nous ».