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La vie de Pierre-Bloch est enracinée dans plus d’un demi-siècle de notre histoire. Une histoire dont il fut un acteur très engagé, non seulement comme militant politique, mais comme l’un des combattants les plus déterminés, bien avant la Seconde Guerre mondiale. Ce « double itinéraire » de Pierre-Bloch imprime ainsi une grande valeur documentaire à son témoignage. Socialiste, journaliste au Populaire, député, Pierre-Bloch est associé aux événements politiques des années trente aux côtés de dirigeants aussi célèbres que Léon Blum. Adhérent à la Ligue internationale contre l’antisémitisme, la LICA, qui deviendra la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, ou LICRA, il prend part à la lutte contre la montée du racisme à une époque où le manque de lucidité est quasiment général sur les menaces que recèle le régime nazi pour l’avenir de l’humanité. L’effroyable holocauste confirmera, hélas, et de manière éclatante, le bien-fondé d’un combat précurseur. Les options de Pierre-Bloch sont, entre 1939-1940, dans la logique de ses engagements antérieurs. Rejoignant l’armée comme volontaire — il est toujours parlementaire — il reçoit pendant l’offensive allemande les plus hautes distinctions militaires. Prisonnier, il s’évade, entre dans la Résistance, est arrêté de nouveau et rejoint Londres où il est affecté au BCRA. Il siège ensuite à l’Assemblée consultative à Alger. De nouvelles tâches l’attendent à la Libération. Et de nouveaux combats pour une cause qui n’a pas varié ; il est, à 78 ans, président de la LICRA. Parce qu’en dépit des désastres et des leçons de l’histoire, le racisme, sous ses formes multiples, n’a pas fini de relever la tête.