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"La matière d'un journal ne se nourrit que de confession. Lorsqu'il écrit son journal, l'écrivain se confesse, il n'a plus rien à écrire. Tout a été dit, il s'est libéré. Que l'on considère donc ce journal comme le lieu de ma confession ; j y exprime tout ce qui m'habite, tout ce qui me préoccupe, tout ce dont, d'une façon ou d'une autre, je sens l'urgence de me libérer. Cette libération constitue l'intérêt même de mon journal." (Malaparte.) Jusqu'en juillet 1943, Malaparte est correspondant et photographe de guerre, chargé de suivre l'avancée de la Wehrmacht pour le compte du Corriere della Sera. Il tient son journal durant ses reportages en Allemagne, en Pologne, en Finlande et jusqu'en Laponie et en Suède, puis le reprend à son retour en Italie, dans sa villa de Capri, tout juste achevée, où il se consacre à l'écriture de son "cruel voyage à travers la guerre" , Kaputt. Mais le Journal secret est aussi un journal intime. Derrière le découpage obsessionnel de chaque journée en heures et en menus détails, le chagrin causé par la mort soudaine de son chien Febo, son désir naissant pour Damaris, sa passion tourmentée pour Loula, ses colères contre les choix politiques de ses contemporains, jettent une lumière directe et immédiate sur un écrivain peu enclin à l'effusion de ses propres sentiments.