Les hittistes sont devenus depuis les années 1990, en Algérie notamment, une catégorie sociologique objet, selon les cas, d'empathie, d'indifférence, de suspicion ou de rejet. Déjà leur appellation marque une distance, une ironie qui peut être dépréciative. Ce sont les jeunes gens désoeuvrés qui « tiennent les murs » (hit : mur en darija, dialecte algérien), sans débouchés, sans revenus qu'aléatoires - une importante proportion de générations successives.
Le présent recueil de nouvelles, qui constituent un tout, explore différents plans de cette condition, vécue de l'intérieur. Dans un espace quotidien populeux, dysfonctionnel, nécessiteux, le monologue intérieur d'un hittiste récapitule les différents facteurs de sa paralysie. Il les retourne en vain, d'un autobus à un pauvre café : l'incompréhension de l'entourage, l'impossibilité de déployer des relations durables, l'absence de perspectives, les espoirs fantasmatiques retombant dans la routine des jours, les éclats de colères vains - avec comme seul appui la beauté d'Alger vers la mer. En arrière-plan, l'auteur évoque une ambiance délétère peuplée de machistes, de « barbus » ultras, de petits gangs. Au bout, comme un sortilège, l'exil devient le seul phare, qui renvoie au manque essentiel d'une attache viable là où l'on est né. Il est une tradition qui ne semble pas vouloir mourir.
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