Jacques Derrida
Cette étude assume la déstabilisation du statut écrit-oral qui organise tout le travail de Jacques Derrida. La notion d'archi-écriture y indique la possibilité d'une écriture avant et dans la parole. Grâce à elle, Derrida pense le langage comme écriture et la différence comme mouvement de tempor(al)isation. Il déploie une autre entente du rapport à l'autre à la fois constitutif de l'archi-écriture et incontournable dans ce qui arrive avec et dans la responsabilité, le don, le pardon, la promesse, la justice, etc ; autant de concepts qu'on ne peut penser sans recourir à la métaphore de l'appel et de la voix, ne fût-ce que celle impliquée dans ce qui se murmure dans la voix de la conscience. L'écriture derridienne se donne pour ainsi dire à lire comme réponse à un appel pluriel. De manière nuancée, on rend compte de la pensée du philosophe franco-maghrébin d'origine juive, ce jusque dans ses derniers écrits. Le registre de la voix, loin d'être une sorte d'excroissance, y a une fonction déconstructrice semblable à celle reconnue à l'archi-écriture par rapport à un concept vulgaire d'écriture opposée à la parole soi-disant pleine et maîtrisée par un sujet. S'annonce ainsi une sorte d'unité prescriptive (et pré-scriptive) au travers de l'écriture disséminée de Jacques Derrida.
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