La crise écologique suscite un réveil de la sensibilité. Elle nous invite à observer les végétaux et les animaux pour envisager d'autres manières d'être vivant que la nôtre et saisir le souffle de la vie qui nous lie à eux. Mais peut-on saisir le vivant ? Les langages ne sont- ils pas des constructions qui, capables de « dire » les mille et une choses du monde, les laissent toujours intouchées ?
Cet essai assume l'aporie de l'anthropomorphisme et fait dialoguer la sémiotique, l'anthropologie et les théories de l'art pour évaluer la capacité des langages visuels (peinture, photographie, installation, etc.) à saisir le vivant. Il décline trois régimes de l'énonciation artistique : la représentation qui ajoute seulement un effet de vie au simulacre d'une présence, Yostension qui présentifie l'existant non humain lui-même et, via l'agence, le fait rayonner en tant qu'oeuvre, et l'instauration qui restitue cette présence vive et évolutive.
Accessible aux non-sémioticiens, la discussion théorique alterne avec des analyses d'oeuvres (C. Soutine, G. Penone, G. Hauray, en particulier) qui précisent la relation construite avec le vivant Parcourir l'histoire de l'art naturaliste à partir de ses motifs pour préciser notre relation aux plantes et aux bêtes nous porte aux lisières statutaires de l'art, là où il touche à l'horticulture ou à l'entomologie, notamment, là aussi où le vivant réclamant ses droits, requalifie le médium pour privilégier toujours la performance.
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