La poétesse et romancière autrichienne Ingeborg Bachmann (1926-1973)
exprime dans toute son oeuvre la quête d'identité d'une femme à la
recherche de ses racines et de ses appartenances, obsédée par l'importance
du signe, mais consciente en même temps du côté conventionnel de tout
réseau de références. La confrontation entre une vision animiste et la
connaissance objective, constitutive de la dualité de l'être humain,
s'exprime par un dialogue entre les personnages féminins et leurs doubles.
Si nombre de pages sont aussi des réponses personnelles à un
interlocuteur caché, qu'il s'agisse du poète Paul Celan ou du romancier
Max Frisch avec lesquels Ingeborg Bachmann fut très liée, elles reprennent
surtout des thèmes littéraires ou mythiques traités par Franz Kafka, Robert
Musil ou Jules Barbey d'Aurevilly, thèmes toujours actuels lorsqu'ils
évoquent par exemple le meurtre impuni, commis par personne interposée.
Ingeborg Bachmann s'interroge enfin sur la langue vivante, qui n'est
ni celle des bourreaux d'hier ni l'espéranto de circonstance d'une politique
prétendument unificatrice.
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