Comment regarder les photographies qui sont censées nous renseigner sur un espace
habité ? Comment voir à travers les images l'intention du photographe de saisir
objectivement une réalité de ce qui fait un quotidien ?
L'ouvrage réunit cinq analyses en des lieux et des époques différentes en utilisant les
méthodes d'enquête des sciences sociales et de la sémiologie de l'image. D'intérieurs
en extérieurs, l'auteur, lui-même photographe, cherche les points de vue, les cadres et
interroge la façon dont la photographie recompose une spatialité à partir de choses vues
au cours d'un recueil de traces et d'indices, voire de pièces à conviction ; au cours d'un
inventaire avant cession, vente ou disparition ; au cours d'une commande de portrait
pour marquer l'événement de la vie de chaque jour. C'est ainsi que plusieurs genres de
la photographie documentaire sont présentés dans des cas de figures concrets.
Photographie judiciaire et «criminelle» avec les méthodes anthropométriques de
l'inventeur Alphonse Bertillon ; photographie d'inventaire pour le compte des frères
Goncourt avec Lochard, portrait d'un groupe social et des individus qui le composent
autour du fonds d'un studio à Avignon, mise en perspective des oeuvres d'un graveur à
Lodève, ce livre accorde une place importante aux origines et à l'histoire de l'image et de
la photographie aux XIXe et XXe siècles. En contrepoint, une place plus personnelle est
accordée à un «terrain» cher à l'auteur anthropologue, le portrait d'un espace habité
particulier sur plus de trente ans : une maison paysanne de Lozère dont il suit les lentes
transformations.
Approches précises, voire obsessionnelles, d'un infraordinaire cher à Georges Perec
(à qui Phlippe Bonnin rend hommage), ces textes avaient fait l'objet de publications
confidentielles. L'écriture actualisée et leur mise à jour font de ce livre un outil d'analyse
de la photographie dans son rapport à la société.
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