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Depuis plus d'un demi-siècle, le risque d'un conflit nucléaire représente une menace permanente pour l'ensemble de l'humanité. À travers la crise des fusées de Cuba, l'armement d'Israël, l'explosion indienne, l'équipement du Pakistan, le démantèlement des armes sud-africaines, la découverte du programme clandestin de l'Irak, ou encore la crise nord-coréenne, la façon dont cette menace a pu être contenue constitue la trame de l'histoire des relations internationales depuis 1945.
Alors que le droit d'acquérir n'importe quel type d'arme semblait partie intégrante des attributions d'un État, l'interdiction de fabriquer un engin nucléaire explosif est aujourd'hui presque totale, et le 10 mai 1995, cette révolution a conduit 178 pays à décider l'extension du Traité de non-prolifération pour une période indéfinie. Ce succès reste fragile : que vaut un traité face aux ambitions d'un État ? Comment empêcher la fabrication clandestine d'armes nucléaires ? Peut-on amener des pays récalcitrants à adhérer à un traité ? Après la fin de la guerre froide, quelles structures, quelles institutions permettront de réduire, et un jour d'éliminer la menace nucléaire ?
Georges Le Guelte a été adjoint au directeur des Relations internationales du Commissariat à l'énergie atomique et de 1978 à 1982 secrétaire du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne.