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Depuis 1962 et la signature des accords d’Évian, pas une année ne passe sans que la mémoire de la guerre d’Algérie ne revienne dans le débat public, y compris lors des campagnes électorales ou chaque mois de mars, quand des maires refusent de la célébrer. Depuis 1962, pas une inauguration de rue « 19 mars, fin de la guerre d’Algérie » ne se passe sans qu’elle ne soit perturbée par des incidents ou que sa dénomination n’en soit changée lors de « contre-inaugurations ». Et les querelles rebondissent jusque dans le domaine éducatif où les élèves de terminale doivent étudier « les mémoires de la guerre d’Algérie ». La mémoire du conflit semble donc hanter la société française comme si, entre histoire et mémoire, rien n’avait été encore tranché. Or, il n’est pas de meilleur indice de cette omniprésence et des enjeux de cette mémoire complexe, loin des simplifications et instrumentalisations dont elle est l’objet, que la question de la commémoration de la fin de la guerre. Dans un pays comme la France, friand de cérémonies publiques et de pédagogie civique par la fête, la question de la commémoration de la fin de la guerre synthétise tous les enjeux mémoriaux, identitaires et historiques de la question algérienne. En replaçant cette « impossible commémoration » dans son contexte national, en étudiant les divers groupes mémoriaux concernés, les nombreux héritages commémoratifs et les pratiques cérémonielles de terrain, Rémi Dalisson montre les stigmates de la guerre, le poids de sa mémoire et son enjeu pour une nation traversée par de multiples interrogations identitaires et un rapport complexe au passé, y compris colonial.