Au centre du récit, une chanteuse noire de
La Havane, joyeuse, brusque, obsédée, sans cesse au
bord du vertige, et peut-être naturelle, tout simplement.
Ses monologues torrentiels sont comme ses
refrains : ongles, cheveux, aspirine et café.
Autour d'elle, ce qu'on pourrait appeler la figuration
en gros plan de la ville : feux des carrefours
dans le matin, soleil sur la mer, affiches délavées
de pluie, jeux d'enfants dans les escaliers, va-et-vient
de la rue, carnaval et loterie, tout cela réinventé
par une vision passionnée du détail, des jeux de
matière ou de forme, par la tension de l'oreille vers
les superpositions de sons, par une recréation rythmique
du mouvement et de l'agitation.
Présente à travers la ville, et plus proche d'instant
en instant, la révolution, à quoi l'héroïne semble
d'abord étrangère, où par la suite, avec son amant
blanc, elle s'engage, et au triomphe de laquelle elle
assiste solitairement. L'Histoire, saisie comme ponctuellement
en différents points de son parcours,
entraîne chacun à sa suite.
Enfin, l'unité d'une écriture qui n'atteint qu'à
travers une ellipse l'événement, qui n'évoque que
d'un mot les sentiments, qui se veut avant tout
dessin et danse - et qui revendique justement pour
soi la liberté de cette école de peintres auquel le
titre fait allusion.
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