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Une réflexion sur le statut de l'image en tant qu'équilibre de forces en tension et acte paradoxal d'annulation du corps par sa propre représentation. Dans l'oeuvre de Ion Grigorescu, tout comme dans le livre, le corps est sans cesse exposé sous de différentes formes – de la photographie au film, de la performance au dessin – et pourtant il est absent, il s'efface dans la tentative de mettre en question l'identité collective. Dans l'impossibilité de performer devant un public pendant le régime communiste, Grigorescu disparaît dans l'image, qui finit, paradoxalement, par cacher au lieu de montrer, n’étant pas documentaire ni transmissible. C'est plutôt un acte de naissance, une preuve de la résistance de l'artiste, surtout en tant qu'être humain à l'intérieur de (ou contre) tout contexte géographique ou historique. Le livre retrace la progression, à la fois expansive et inclusive, de son oeuvre, qui s'inscrit dans l'espace du corps et du monde. Grigorescu absorbe les éléments de la réalité environnante, nous montrant une continuité entre l'art et la vie : sa dissidence n'est pas un acte de provocation, mais une opération anti-esthétique qui utilise l'expérimentation afin de dévoiler la fiction de l'art, dénoncer l'artifice de la représentation et affirmer l'image en tant qu'instrument d'un pouvoir subversif.