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L'ironie de la vie de Rembrandt, ce fut peut-être que Rembrandt n'avait pas les moyens de s'offrir un Rembrandt... La commande de Don Antonio Ruffo, et les cinq cents florins qu'elle comportait, arrangeait donc bien les affaires du peintre et de sa femme Saskia. Tout aurait dû se passer pour le mieux, sinon que le sujet commandé était "Aristote contemplant le buste d'Homère"... Et qu'Aristote ne s'est pas laissé ressusciter sans réagir... Et c'est alors que ce sacré Heller nous fait vivre le plus extraordinaire sac d'embrouilles de notre Histoire : deux mille cinq cents ans de notre civilisation. En effet, tandis que Rembrandt peint Aristote, lui se regarde renaître et s'étonne. Il ne s'étonne pas seulement de se voir affublé d'un chapeau à large bord, ou de voir surgir le portrait d'un Homère que personne n'avait jamais vu ; il se demande où est passée cette Grèce qu'il avait tant aimée. Pauvre Rembrandt aux prises avec ses soucis d'argent ! Pauvre Aristote qui nous fait revivre les grands moments d'Athènes et de ses héros ! De Socrate la victime à cet abominable traître d'Alcibiade, l'Histoire nous est racontée par un Aristote transformé en grand reporter. Et c'est drôle, et l'on "marche". On marche d'autant mieux que le clin d'oeil est constant qui nous ramène à notre société contemporaine.