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Fatima est une histoire d’enfance autobiographique, celle d’une enfant née et grandie au Maroc avec des parents français géographes, « ils travaillent trop je trouve », et avec Fatima, « assise entre ses genoux, dans ses grandes jupes, ça fait un hamac ». Une histoire faite de souvenirs olfactifs, sensoriels et de mots dans trois langues, arabe, français, tachelhit. Dans cette enfance, Fatima est la grande cheffe, avec des mains orange de fée magicienne et un visage comme une carte géographique du grand Sud. Le poème de Caroline Trois est une déclaration d’amour, emprunte de la nostalgie de l’enfance mais aussi d’une rupture à venir qu’on devine.
Les illustrations à l’encre lumineuse illustrent l’histoire à hauteur de regard d’enfant : elles s’attachent aux détails et au minuscule, elles tentent de rendre les parfums, par plans successifs qui ignorent le réalisme. On retrouve le principe d’écriture de l’auteur égyptien Sonallah Ibrahim et de son roman « Le petit voyeur » dans l’écriture graphique d’Anouck Constant : voir le monde en se souvenant du regard que nous étions enfant.