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Si des historiens commencent à parler de la famille et de la vie domestique, c'est que les problèmes de la vie privée ont envahi l'actualité. Les droits et les devoirs respectifs du mari et de la femme, leur autorité sur les enfants, les possibilités de divorce, de la contraception ou de l'avortement, sont devenus des affaires d'Etat. Comment un historien attentif aux conflits politiques de son temps pourrait-il donc se désintéresser de la «vie privée» de nos ancêtres ? En quoi les familles différaient-elles alors de celles d'aujourd'hui ? Que sait-on de précis sur les relations et la vie sexuelle des époux, sur l'attitude des parents envers les enfants, sur le rôle de la famille dans l'éducation ? Des années de recherches ont modifié l'image qu'avaient donnée de la famille d'autrefois sociologues et juristes. Une synthèse était nécessaire ; provisoire, aventureuse peut-être ; mais elle n'en demeure pas moins une étape indispensable dans l'étude de la vie intime des hommes et des femmes de l'ancienne société et dans l'analyse de ses prolongements sur le comportement de nos contemporains.