Maylis de Kerangal réfléchit sur « la source de son écriture », sur son rapport à la littérature, au romanesque, mais aussi sur son usage du vocabulaire technique, de la ponctuation et sur bien d'autres sujets auxquels elle est particulièrement attentive :
« Il semble qu'à chaque livre je relance les dés, et qu'on devient écrivain toute sa vie. Quand j'ai publié Naissance d'un pont (2010), je commençais à peine à répondre : « Je suis écrivain » quand on me demandait ce que je faisais dans la vie. Cela n'a pris dix ans de le dire. Mais « écrivain » renvoyant à un statut social, à une sorte de position, je préférais souvent répondre : « J'écris des livres » eu besoin de faire mon chemin avec cette histoire d'écrire. Qui occupe ma vie sans prendre toute la place. »
La romancière partage également l'attraction qu'elle ressent depuis longtemps pour les îles, qui révèlent le « centre » de chacun, et livre ses premières « impressions portcrosiennes » :
« L'île il n'a pas en soi le privilège de l'instauration de la communauté. Mais les êtres qui vivent dans les îles ont le privilège en revanche de devoir faire communauté, parfois malgré eux, parce qu'ils doivent s'accorder sur l'usage du lieu qu'ils partagent. L'île crée la communauté car sur une île, s'il n'y a pas de commun, ou d'accord sur le partage commun des espaces, on ne peut pas s'en sortir. »
Entretiens de Maylis de Kerangal avec Emmanuelle Bouquet et Ingrid Blanchard, lors des huitièmes « Rencontres de Port-Cros » (septembre 2022), organisée par L'Association des Amis de Port-Cros (AAPC) et les éditions Claire Paulhan.
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