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Vulgarisateur inlassable de notre histoire locale, Jean-Pierre Jelmini est parfaitement identifié par un grand nombre de Neuchâtelois. Mais cette connaissance, à y regarder de plus près, peut s'avérer lacunaire : combien sommes-nous, par exemple, à savoir qu'il n'a cédé à l'appel de Clio que de manière accidentelle, après un long détour adolescent de plus de sept ans sur le chemin d'une impérieuse vocation sacerdotale ? S'appuyant sur un rappel de ses racines italiennes, la présente série d'entretiens commence par retracer en détail les premières années de cet enfant du Val-de-Travers, entre fratrie nombreuse, parents mal appariés et aïeux profondément aimants. On évoque ensuite ses séjours à Genève et à Engelberg (OW), passages obligés vers le Grand séminaire. C'est de cette abbaye bénédictine que le choc d'une lecture le ramène à Neuchâtel, pour y achever ses études gymnasiales et universitaires. À côté de quelques mentions discrètes sur sa vie de couple et de famille, on le suit, à compter du milieu des années 1960, dans sa carrière d'enseignant, d'abord, puis de conservateur au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, qu'il codirigera de main de maître pendant près de trois décennies. Le fait de renvoyer en sous-titre à la forme des « carnets de route » relève à la vérité d'une aimable provocation : c'est en effet un des petits secrets du personnage que d'avoir été marqué, durant la première moitié de sa vie d'adulte, par une réelle phobie des voyages ou, comme il aime à le dire, des « déplacements latéraux » ! Au final, ce petit clin d'oeil ne fait donc que souligner mieux encore la persistante fidélité de Jean-Pierre Jelmini à l'axe de la verticalité. Celui-là même qui l'aspira d'abord vers le Ciel avant de le plonger dans le fécond gisement des siècles passés, qu'il ne cessa d'exploiter pour le plaisir et l'édification des Neuchâtelois curieux de leur propre histoire.