Elisabeth, une Jeune hitlérienne est un «roman» paru en feuilleton en 1937 dans le Pariser Tageszeitung, un quotidien d'opposition au nazisme de langue allemande. Son autrice, Maria Leitner, est une journaliste d'origine hongroise, juive socialiste de langue allemande, mélange de Albert Londres et de Arthur Koestler. Elle a vécu à Budapest, Vienne, Berlin, jusqu'à ce que l'arrivée d'Hitler au pouvoir la fasse s'exiler à Paris. En 1940, elle se réfugie à Marseille mais manque d'argent et de notoriété pour entrer dans la liste américaine de Varian Fry. Elle meurt en 1942 à l'hôpital psychiatrique de Marseille, à tout juste 50 ans.
Dans ce « roman de la jeunesse allemande », comme le sous-titre l'indique, elle décrit le désenchantement progressif d'une jeune Allemande séduite par la devanture sociale du nazisme, et dont les yeux vont se dessiller lors de son passage dans un camp de travail. Le livre est donc un Bildungsroman, un roman de formation. C'est aussi un texte antifasciste, anticapitaliste et aux accents féministes marqués qui s'appuie sur une documentation sérieuse obtenue lors de voyages faits incognito en Allemagne nazie. Deux thèmes y sont omniprésents, celui du corps, corps de la vendeuse soumise à la pression de la hiérarchie, corps de la jeune femme en camp soumise à l'exercice militaire stupide, corps des femmes trop libres voué à la stérilisation forcée par la loi allemande, corps de la mère forcée à l'avortement par pauvreté, corps de la jeune fille exposée au regard masculin égrillard, et celui de la guerre, passée comme du temps de Frédéric II ou de 14-18, ou à préparer.
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