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D’innombrables noms propres hantent ma mémoire. J’en retiens trois : Verdi, Spinoza, Mallarmé. Ils furent mes compagnons à l’orée de mes quatorze ans dans la campagne bordelaise, à l’abri des grandes vacances où tout peut apparaître. La musique de Verdi sonnait comme une promesse qui toujours se dépassait pour ne jamais finir ; les énigmatiques formulations du Spinoza de L’éthique engageaient un mystère dont je ne détenais pas les clés ; les proférations de Mallarmé déployaient l’énigme avec la beauté indicible du désastre obscur. Je voulus en savoir plus, je voulus savoir comment ces hommes avec qui j’avais en partage la même appartenance au monde – je voulais le croire – furent capables, chacun à leur tour, et selon leur propre manière, de porter à la lumière plus que nous ne pouvons voir, plus que nous ne pouvons espérer. Il est alors d’usage de se pencher sur les biographies et toujours celles que l’on trouve en codicille à leurs ouvrages, car, croit-on, c’est la vie qui explique tout. Ce que je fis. Un ensemble de lignes typographiées, imprimées, de dates compilées qui conduisent à une issue connue à l’avance, mais rien qui indique le basculement, le moment de la grâce où l’artiste, le philosophe, le poète devient ce qu’il est. Le moment où le miracle advient. Je commençais par Mallarmé. J’ai voulu écrire cette ligne qui fait toujours défaut. Qui ne peut se dire, sans doute, que sous la forme, peut-être, d’une ébauche.
Jean-Jacques Gonzales est professeur de philosophie, éditeur, écrivain, photographe, il est notamment l’auteur de : Oran (Paris, Séguier, 1998) ; Albert Camus, L’exil absolu (Paris, Manucius, 2007) ; et, à l’Atelier contemporain (Strasbourg), de La fiction d’un éblouissant rail continu (Journal photographique) in Le travail photographique de Jean-Jacques Gonzales par Jérôme Thélot (2020) ; de Conversation tardive (2022) et de L’empreinte de l’argentique (Carnet photographique), à paraître en 2026.