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Don Quichotte et Sancho Pança sont deux personnages universels et immortels. Qui ne connaît « Le Chevalier à la triste Figure », aussi étique que sa monture Rossinante, et son jovial écuyer Sancho, aussi petit et replet que son âne ? « Don Quichotte » est passé dans la langue pour signifier celui qui se fait en toute occasion le redresseur de torts et le défenseur des opprimés ; la « dulcinée » d’un jeune homme, c’est sa bien-aimée, comme Dulcinée du Toboso est, dans le roman, la dame des pensées du chevalier errant. Pierre Saurat a choisi quelques épisodes de cette œuvre foisonnante, dont le plus connu : celui au cours duquel Don Quichotte se lance à l’assaut de moulins à vent qu’il prend pour des géants malfaisants. Il a fait de ces épisodes des petites scènes pleines de verve ; le style est vigoureux et coloré ; les personnages, bons et méchants, qui gravitent autour des deux héros vivent avec intensité. Mais surtout, Don Quichotte et Sancho ne sont pas seulement ici les deux personnages bouffons auxquels on les réduit trop souvent, une profonde tendresse les unit, la folie de Don Quichotte est noble et généreuse et Sancho voue à son maître une sincère admiration ; la fin de cet ouvrage leur donne leur vraie dimension.