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Eux, les infidèles, les colonisateurs, les soldats, les travailleurs, les blancs, binetôt les pieds-noirs en exode. Eux, les tchouk-tchouk, les ratagazes, les rebelles, les hors-la-loi, les arabes, bientôt les travailleurs immigrés.
En ce temps-là donc, 1954-1962, les uns, les Français et la France en Algérie, lancés contre les autres, les Algériens et l'Algérie qui n'était pas la France. La sale guerre, les années de braise, les exécutions, la vie quotidienne, l'aveuglement, le remords, la propagande, les militants, les razzias, l'armée en campagne, les bombardements, les sexes sectionnés, la torture, les bordels, les attentats d'un bord à l'autre, les amoureux, l'égorgement, le chagrin, l'interrogatoire, les morts, la peur, les charniers, les embuscades, la politique, les tentatives de coup d'Etat — le putsch qu'ils disaient — et la guerre algérienne de libération nationale. La racisme aussi, qui ne date pas d'aujourd'hui. Ainsi, est-ce qu'on peut dire la barbarie, cette guerre?
Est-ce qu'on peut dire, Djebels, ç'aurait pu être vous, moi , eux?