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« Tout parle : mais qui entend ? », demande Abed le prophète. Mais quel prophète ? Usurpateur et sincère, profond et profane, parodique, répétitif, quel est ce demi-fou qui parle aux banquiers, aux voyageurs, aux pharaons et à leurs ministres ? Qui interpelle l’homme et la femme, l’enseignant et l’élève, le plus petit et le plus grand ? Roi de la contradiction, maître du paradoxe, il mélange les influences et les spiritualités. Comme tout élu, il se fait porteur de la parole sacrée, mais quelle parole ? Quand on lui demande qui est dieu, seul le silence répond. Quelle parole alors ? Celle dont Daniel Biga se fait le rapporteur et le traducteur, disparaissant derrière elle, abandonnant toute prétention à la véracité, endossant un rôle d’auteur en chausse-trappe. Il mêle fragments certifiés exacts et d’autres apocryphes, mêle le vrai au faux sans distinction, entre créations, emprunts, citations, banalités, provocations, sarcasmes, supercherie ; comment savoir quel discours est à l’œuvre ? Celui d’Abed Nil Gai, libertaire, vaurien, à moitié clown œcuménique, anagramme espiègle, pure invention comme l’est toute parole. Il exhorte les autres à inventer la vérité, se contredit sans cesse : c’est qu’on a réponse à tout quand on peut dire n’importe quoi. Enfant facétieux, Abed, dont les mots sont insaisissables, et qui nous place, à coups de rires et de grimaces, face à ce devoir absolu de chacun qui est de ne pas prendre la parole pour ce qu’elle est, de ne pas la figer dans sa pure énonciation. Daniel Biga opère ici à une démonstration par l’absurde de la sacralisation de la parole, qui n’est jamais qu’une parole d’homme, créée par les hommes pour les hommes. Il la jette en l’air comme une pièce aux mille facettes, faisant jouer ses reflets, et laissant à chacun le loisir de s’aveugler et de se perdre dans les digressions infinies des textes. « Ni dieu ni idole ni rien ni personne hors toi », Abed et son traducteur croient paradoxalement à la vertu du silence, au scepticisme, aux répétitions erronées. Aimer, être doucement, débattre en soi-même, face à la relativité des vérités imposées, « la clef secrète, l’outil magique » c’est la pensée, c’est inventer sa liberté.