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Le jeu banal et cruel d'explorer, par ennui, les archives de sa propre existence (billets, quittances, agendas, listes diverses, lettres d'amour peut-être ?) suffit à provoquer cette interrogation : qu'ai-je fait de ma vie ? À cinquante-deux ans, dans sa maison de campagne, c'est à ce jeu que se livre le narrateur de Devoirs de vacances. Qui est-il ? Il ne le sait pas au juste. A-t-il même jamais eu véritablement envie de le savoir ? Il est marié (mais sa femme s'est éloignée), il a deux enfants (dont un fils, Christophe, qu'il regarde vivre à la fois en complice et en juge, avec cette pointe d'envie, de jalousie ou de dépit que ressent celui qui n'a pas osé aller jusqu'au bout de soi-même), il a le goût des garçons, mais timidement, comprenant bien qu'en ce domaine le temps fait beaucoup à l'affaire. Bref, il a vécu en filigrane de lui-même, imaginant sa vie plus qu'il ne la vivait. Même dans l'exploration de son passé, il est en porte à faux. À la fin, ne sachant plus quels souvenirs détruire et lesquels conserver, il décide de brûler ce qu'il n'a pas encore eu le courage d'examiner et d'expédier à son fils Christophe, ce qu'il a jugé bon de garder. Afin de lui donner une image de lui-même la moins fragile possible, afin, aussi, de le mettre en garde contre une ressemblance inavouée...