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« A l’écoute du monde, de ses appels et de ses messages, Roud définit le pouvoir des paysages et des lieux par des métaphores musicales : note, partition, accord, unisson, concert, mélodie, lied, contrepoint, symphonie, les images sont innombrables, dans les Écrits comme dans le Journal, pour exprimer l’effet sur l’être entier d’un contact sensible avec le monde. Ce qu’il perçoit dans ses rencontres avec la nature comme une simultanéité de timbres, il voudrait le restituer dans le texte poétique. La vertu de la poésie tient pour lui dans sa « réversibilité » : Roud entend par là la résonance d’un texte, susceptible de transmettre au lecteur, au-delà du sens, les valeurs sensibles et affectives, le registre tonal dans lesquels il a été conçu. La poésie de Roud est douée à un haut degré de cette vertu de « réversibilité » : son charme opère comme un piège musical. Mélodieux et envoûtant, le phrasé roudien se construit sur des rythmes amples, dépourvus d’aspérités et de ruptures. Roud s’est toujours défini lui-même comme un lyrique. Poète de la voix et du chant, du rythme et du souffle, il fait entendre dans sa poésie des consonances, des échos, une respiration capables de toucher le lecteur, de lui donner à éprouver charnellement un climat, une atmosphère, l’attrait d’un paysage. » Extrait du texte « Devenez un œil énorme, une oreille suprême ! » de Claire Jaquier