La littérature de voyage est ici abordée à travers une approche
psychanalytique qui permet de déployer la question plus
générique du rapport du sujet au désir et à l'inconscient. Cet
attrait pour un continent ou un pays qui s'exprime à travers le
récit de voyage, notamment à partir du 19e et du 20e siècle, dessine
parallèlement les contours d'une géographie mentale propre à
chaque écrivain qui interroge en fait ainsi sa propre «étrangeté
intérieure» ou son défaut d'être. Ainsi, le voyage et son écriture
auraient pour fonction soit de relancer le fantasme et donc le désir
par le biais de l'idéalisation de l'objet «exotique», soit de
prendre valeur de passage à l'acte et de symptôme dès lors qu'il
se situe plutôt du côté de l'errance.
Cette réflexion s'articule donc autour de deux axes : dans un
premier temps le voyage est examiné sous cet angle de l'errance
et d'une sorte de dérive ou de faillite identitaire. Dans un second
temps l'écriture du voyage est analysée en tant que vecteur de
sublimation à travers ce «nomadisme» du désir qui va chercher
au loin de quoi alimenter son imaginaire et relancer sa créativité.
We publiceren alleen reviews die voldoen aan de voorwaarden voor reviews. Bekijk onze voorwaarden voor reviews.