« Je ne suis pas fou », répète Alphonse E. à qui veut bien l’entendre. « Je ne suis pas un malade imaginaire. Je ne suis pas fou, non et non », insiste-t-il auprès du directeur de la maison de retraite où il est hébergé. En vain : il est transféré dans un hôpital psychiatrique, avant de faire le chemin en sens inverse quelques mois plus tard. Dans la France des années 1960, son parcours dit à la fois le stigmate attaché aux « vieux fous » et l’embarras des institutions face à ces situations.
Comment prendre soin des personnes âgées quand leur santé mentale inquiète ou se dégrade ? Cette question travaille la société française depuis longtemps. En observant des « vieillards égarés » dans l’espace public, des familles déroutées par les « bizarreries » de leurs parents, des médecins au chevet de « déments séniles » et des juges face à des justiciables âgés, Dernières folies explore les manières dont les troubles psychiques de la vieillesse ont été vécus, interprétés et traités du XIXe siècle aux années 1980.
À travers une histoire inédite des liens familiaux, de la psychiatrie et des politiques de soin, ce livre tisse un lien entre les expériences du passé et les enjeux du présent.
Marie Derrien est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Lille (HARTIS, IUF). Elle travaille sur l’histoire de la guerre, de la police et de la psychiatrie.
Mathilde Rossigneux-Méheust est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université Lumière Lyon 2 (LARHRA, IUF). Ses recherches portent sur l’histoire des classes populaires, du genre et des âges de la vie.
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