Défaire Heidegger
« La nouvelle nous est parvenue que pas une étymologie de Heidegger,
pas même Léthé et Aléthès, n'était exacte. Mais le problème est-il bien
posé ? Tout critère scientifique d'étymologie n'a-t-il pas d'avance été répudié, au profit d'une pure et simple Poésie ? On croit bon de dire qu'il
n'y a là que des jeux de mots. Ne serait-il pas contradictoire d'attendre
une quelconque correction linguistique d'un projet qui se propose explicitement de dépasser l'étant scientifique et technique vers l'étant poétique ? Il ne s'agit pas d'étymologie à proprement parler, mais d'opérer
des agglutinations dans l'autre-langue, pour obtenir des surgissements
dans la-langue ». (Gilles Deleuze Critique et clinique, 1993, p. 122 à
124). Ces lignes de Deleuze expriment parfaitement et par avance l'objection que l'on pourrait opposer à notre ouvrage. Cependant, et tout en
conservant à Deleuze un respect entier pour sa belle oeuvre, nous ne
pensons pas que des « agglutinations » dans la langue suffisent à faire
passer dans un registre poétique. Le détail de notre démonstration philosophique et philologique a voulu montrer que Heidegger, en faisant
comme s'il « entendait » la pensée grecque de l'origine, est entré dans
une région que ne peuvent plus atteindre ni philosophie, ni philologie,
ni même poésie, parce qu'elle se retire dans l'invérifiable.
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