Il ne suffit pas «d'avoir vécu» pour dire «je sais».
L'expérience n'est pas accumulation ou réservoir : elle est retour sur
les faits et les actes, permettant à celui qui l'exécute de les atteindre
avec ce qu'il faut à la fois de distance et de «déjà vu» pour les
intercepter et les interpeller. Elle est comparaison et comparution,
en regard d'autres pratiques et d'autres opinions, de ce qui a été et
peut évoluer, ou se transformer : elle est servante de
l'expérimentation. Elle participe ainsi de la relation éducative.
Pourtant, la question se pose des modalités de la traversée,
autrement dit, du comment s'effectue le passage entre ce qui est
transmis et ce qui est appris, c'est-à-dire réinvesti. Notre hypothèse
est que le processus d'appropriation ne s'inscrit pas seulement
dans un contexte de zone proximale de développement [Vygotski]
et/ou de réciprocité apprenante [Labelle]. Sa réalisation et son
aboutissement supposent en effet pour chacun des acteurs de la
relation, la prise en compte de trois facteurs majeurs, une
contextualisation qui prend une valeur anamnésique, une démarche
métanoétique qui permet à l'un et l'autre des partenaires de la
relation de dépasser les peurs et les refus, et une construction
autopoïétique chaque fois remise en chantier. Ainsi, on apprend
toujours plus que ce qui est transmis...
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