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Jean Pierre-Bloch est élu député socialiste en 1936. En 1940, il est fait prisonnier le 24 juin (son régiment s’est battu jusqu’à ce jour). Il s’évade, entre dans la Résistance. Arrêté, condamné, il s’évade à nouveau et rejoint Londres. Il admire en de Gaulle le chef de la Résistance et le champion de la République. Il le défendra longtemps avant d’admettre que ces années de 40 à 44, si elles furent le temps de l’héroïsme, furent aussi hélas ! le temps des méprises. Méprise, la confiance en un mouvement qui pratique un antiparlementarisme violent. Méprise, la création du groupe parlementaire puis de l’Assemblée consultative : de Gaulle n’a pas changé, mais il a besoin d’un appui contre Giraud. Méprise encore d’avoir cru Giraud un fasciste dangereux et sous-estimé l’ambition de de Gaulle. Officier servant au B.C.R.A., puis commissaire-adjoint à l’Intérieur (le commissaire était Emmanuel d’Astier). Pierre-Bloch a suivi les avatars de la France combattante. Il a vu Pierre Brossolette séduit par le gaullisme, mais inquiet du mépris de son chef envers les hommes. Il a vu Félix Gouin prévoir la Ve République. Par ses fonctions, il a pu observer de près le développement du gaullisme, son fonctionnement interne, et son attitude envers l’extérieur : rapprochement avec l’URSS pour faire pièce aux Anglo-Saxons (et ralliement de Maurice Tehorez), manœuvre à l’égard du mouvement “Wallonie libre” (en attendant le Québec libre). En août 44, Pierre-Bloch est à Toulouse. Il salue les maquisards. A ce moment de Gaulle est à Paris, et à l’Hôtel de Ville refuse de crier “Vive la République”. Le temps des méprises, ce sont ces quatre années de souffrance et de courage, confisquées par un seul homme.