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"On ne fait pas, peut-être, de bonne littérature avec de bons sentiments. A coup sûr, on fait de la mauvaise philosophie avec du malheur. L'exaltation de la souffrance, comme valeur, n'est pas une éthique ; le masochisme est la jouissance de l'idiot. Et la fadaise post-soixante-huitarde - marxisme-léninisme rénové, freudo-marxisme, bouillie sur les droits à la différence - prouve que le désir révélé par Mai n'a pas encore trouvé sa traduction. Dès lors, il urge d'en finir avec la haine, la névrose collective et l'obsession de la crise : la vraie modernité, c'est la conscience, pour chaque sujet, d'une contradiction entre l'exigence de ne se recommander que de lui-même et le fait qu'il se sache constitué de langage et d'histoire. Assez donc de fascination pour la mort. On peut résister sans croire, entreprendre sans espérer. Penser c'est toujours penser le pas encore pensé, transformer c'est toujours frayer un chemin pas encore ouvert. Cela a été possible, tragique quelquefois, mais c'est toujours possible. Danser maintenant."