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Écrivain majeur de la seconde moitié du XXe siècle, John le Carré a été un épistolier prolifique. Ce recueil de lettres a pour ambition de faire entendre la voix intime de celui qui a permis au roman d’espionnage d’accéder au panthéon de la littérature. Couvrant sept décennies, elles nous éclairent à la fois sur sa vie et sur les périodes troublées dont il a été témoin. Abandonné par sa mère à l’âge de cinq ans, malmené par son père escroc, dont l’ombre ne cessera de le hanter, il étudie à Oxford, enseigne à Eton. Sa brève carrière dans le renseignement coïncide avec des années entachées par les trahisons des agents Blake, Burgess, Maclean et Philby au profit de l’Union soviétique. Après le succès retentissant de L’espion qui venait du froid, l’espion anonyme fait place au romancier public. Chroniqueur emblématique de la guerre froide, il se mue en pourfendeur des trafiquants d’armes ou de l’industrie pharmaceutique, tout en dénonçant les dérives de l’Angleterre et de ses dirigeants. Jusqu’à l’avènement du Brexit, « un suicide économique perpétré par des charlatans ». Ces lettres s’adressent à ses proches, à ses amis, ainsi qu’à des personnalités de la politique, de la littérature, du cinéma, comme Graham Greene, Philip Roth, Alec Guinness, Ralph Fiennes ou Sydney Pollack.Elles offrent la vision fulgurante de l’état du monde de l’après-guerre à nos jours, posent un regard inédit sur une œuvre lumineuse explorant un univers de mensonges et, par-dessus tout, dressent le portrait d’un homme très privé, très passionné, très attachant. Traduit de l’anglais par Isabelle Perrin «On se souviendra de John le Carré comme du romancier anglais le plus important de la seconde moitié du XXe siècle ». Ian McEwan