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Né presque sur un coup de tête politique, l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) a vu le jour en 1996, propulsé dans une mission titanesque : prendre en main un secteur oublié, complexe et coûteux. Très vite, la réalité s’impose : infrastructures vieillissantes, recettes insuffisantes, et une survie assurée par une perfusion financière permanente. Dans l’ombre des grandes politiques publiques, ses équipes affrontent un travail ingrat, fait d’urgences parfois nocturnes, d’odeurs tenaces, de stress permanent et d’une pression constante pour livrer, coûte que coûte, des services de qualité au bonheur des populations. Au fil des années, la valse des Directeurs généraux, chacun imposant sa propre méthode, empêche l’installation d’un management solide et cohérent. Plus grave encore, l’assainissement autonome ‒ pourtant clé pour un accès universel ‒ reste cantonné aux marges, refusé comme pilier stratégique national. Ce récit, à la croisée du roman et du témoignage, dévoile les coulisses d’une institution qui, malgré tout, continue de se battre. Il lance un appel vibrant aux décideurs africains : hisser enfin l’assainissement autonome au rang des priorités, lui donner les moyens d’exister, et faire de l’assainissement pour tous une réalité, au Sénégal comme sur l’ensemble du continent.