«Hommes de mer et d'outremer du Tarn» est un sous-titre qui interpelle, s'agissant d'un
département continental d'où l'on accède par voie d'eau à l'Atlantique et à la Méditerranée par
le Canal du Midi, depuis 1681. On est pourtant rapidement convaincu à la lecture de ce livre
que ce territoire a fourni plus que sa part démographique au monde maritime et d'outremer.
Mais le cadre départemental est assez récent, et c'est aussi dans celui du Languedoc du Nord-Ouest,
et de ses évêchés, que se sont développés des vocations maritimes ou de longs séjours
outremer, à l'époque Royale.
La Pérouse, connu internationalement, n'est pas sa seule gloire locale. Les officiers de Marine
assurent naturellement une part prépondérante de cette participation maritime et ils ont même
fourni cinq Ministres de la Marine et plusieurs Maires de villes assez importantes, après la
Révolution. Pendant la Royauté, il était également assez naturel de nommer de hauts gradés
de la Marine comme gouverneurs de territoires d'outremer, puisque les navires étaient les seuls
moyens de s'y rendre, et que la vie de marin les leur avait fait découvrir depuis leur jeunesse.
On est d'ailleurs assez impressionné par leur extraordinaire mobilité, à une époque où les
déplacements étaient lents, en les observant successivement dans des parties du monde très
éloignées les unes des autres, à seulement quelques années de distance. Des officiers moins
gradés (car ils sont morts prématurément pour la France) méritent aussi d'être signalés.
Sont concernés par cet ouvrage, non seulement les officiers qui assument la fonction d'épée et
de conduite des navires mais aussi les médecins-chirurgiens, fréquemment employés dans des
travaux de zoologie ou de botanique, les hydrographes embarqués ou non, les officiers de
plume assurant la logistique à terre, les officiers des troupes coloniales et les ingénieurs du
génie embarqués qui organisent la défense à terre, ou observent celles de leurs concurrents.
La vie sur les navires n'est pas le seul état qui peut rapprocher ces hommes de la mer. Par exemple,
les Protestants tarnais, souvent contraints à un exil régional, ont brillamment réussi comme
armateurs dans les grands ports de Bordeaux ou de Marseille, voire même à l'étranger quand
ils ont dû abandonner la nationalité française. Il y a aussi les marins civils qui ont travaillé pour
eux ou pour d'autres armateurs. Des membres du clergé ou des moines catholiques ont été
conduits vers l'exil par la laïcité du début du XXe siècle ou par le développement colonial. Le
goût de l'aventure ou l'esprit missionnaire sont d'autres causes d'expatriation transocéanique
et ils ont aussi leurs représentants dans le Tarn.
Pierre Bérard, ancien administrateur général des Affaires maritimes, retraité dans le Tarn, a
gardé le goût de l'eau salée, et s'est intéressé à ceux qui, ici, se sont voués à la mer... Cette
synthèse, déjà riche, est nécessairement incomplète, mais il s'agit d'une première publication
sur ce sujet ; il n'existe par conséquent aucune référence. L'auteur espère que cette première
étude suscitera l'émergence d'informations complémentaires.
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