Le secteur financier est de loin celui qui a expérimenté au cours des dernières
années les mutations les plus sensibles. L'innovation allant plus vite que la supervision
des risques qu'elle génère, le monde entier s'est trouvé piégé par une succession
d'erreurs ou de fautes dont le prix, aux plans économique et sociopolitique, paraît
très lourd. En effet, comment pourrait-il en être autrement lorsque les investisseurs, de
plus en plus inquiets, lisent le risque souverain comme ils liraient le bilan financier
d'un emprunteur quelconque ?
La crise des dettes souveraines en Europe, intervenue à la suite d'autres
crises, rappelle que non seulement les États puissants se portent mal, mais aussi
que se dessine un changement en profondeur dans le monde économique, avec
une réactualisation des concepts, des théories admises de longue date et des
positions de pouvoir entre nations. D'où le renouveau de la question multilatérale
ou régionale dans ce qui apparaitra, en définitive, comme un formidable plaidoyer
pour les constructions supranationales, surtout quand l'affirmation de la souveraineté
nationale, en Afrique ou ailleurs, ne suffit plus à juguler les effets de crises financières
de plus en plus systémiques.
Pour les pays en développement, à l'instar du Congo, l'instabilité de la variable
externe n'est pas une nouveauté, mais, au contraire, elle ouvre aujourd'hui un champ
nouveau. Quand les pays avancés, longtemps moteurs de la croissance mondiale,
sont en proie à l'ajustement budgétaire et semblent passer la main aux pays émergents,
il faut imaginer d'autres formes de coopération. Il faut rechercher l'industrialisation et
le transfert de technologies, certes, mais surtout bien comprendre les mutations en
cours dans le monde et ce qu'elles impliquent en termes de modifications d'habitudes
intellectuelles et de grille de lecture des réalités économiques contemporaines.
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