À la veille de la Révolution, grâce au culot de Beaumarchais et
malgré les protestations de l'impératrice, la correspondance entre
Voltaire et Catherine II est livrée au public. Ces lettres narrent une
histoire d'amour platonique qui prend forme de dialogue philosophique.
Fidèle à son culte des grands hommes, Voltaire sacralise
l'impératrice. Celle-ci rejette le rôle de déesse pour celui de disciple
ardente du patriarche. Le plaisir narcissique réciproque favorise
un enjeu vital : mettre la philosophie au pouvoir. Après ses
échecs cuisants de Versailles et de Berlin, Voltaire prend sa revanche
avec Saint-Pétersbourg. Ce succès doit incarner la victoire des
Lumières, prouver l'efficacité de sa doctrine. Le sage met sa plume
au service de la Russie, sans dédaigner les gages. En le couvrant de
présents, Catherine II reçoit en échange un don inestimable : la
réputation de protectrice des Lumières.
Comme toute histoire d'amour, cette correspondance passe de la
séduction au bonheur parfait, puis au refroidissement. Le rythme
des échanges, longtemps hebdomadaire, fléchit. L'excitation provoquée
par les victoires russes contre les Turcs retombe après la
paix. Voltaire, qui n'a jamais pu faire le voyage en Russie, tant rêvé,
perd alors son rôle de correspondant impérial privilégié. Mais il
demeurera, même après sa mort, le guide spirituel de la tsarine.
Cette édition d'une des grandes correspondances du XVIIIe siècle
est présentée dans un texte modernisé, avec un nouvel appareil
critique et des annexes épistolaires inédites.
We publiceren alleen reviews die voldoen aan de voorwaarden voor reviews. Bekijk onze voorwaarden voor reviews.