L'auteur montre que Gadamer assigne à l'herméneutique
la tâche de penser "le tout de l'expérience du
monde". Pour mener à bien ce projet, l'herméneutique
s'appuie sur un "sol phénoménologique", qui n'est pas
expressément thématisé dans Verité et méthode (1960).
En fait, cet ouvrage expose la structure de la phénoménalité.
La phénoménalité est l'ajointement sur le "fond"
duquel quelque chose peut apparaître à quelqu'un.
D'où résulte une tension, féconde, entre les points de
départ apparemment régionaux que sont l'art et les
sciences de l'esprit - respectivement la première et la
seconde partie de Vérité et méthode -, et la visée rectrice
de l'herméneutique philosophique, qui s'accomplit
dans le milieu du langage - troisième partie de Verité et
méthode. Le tout de l'expérience du monde ne se donne
ainsi que "sous un certain aspect" dans l'art et dans les
sciences de l'esprit, respectivement de façon "objective"
et "subjective". Avec le langage en revanche, c'est
l'ajointement comme tel de la phénoménalité qui est
mis au jour, parce que la phénoménalité est spéculativement
liée au langage. Si la phénoménologie est
herméneutique, c'est parce que la phénoménalité est le
milieu de ce que Gadamer nomme "l'apparence vraie",
c'est-à-dire le milieu où quelque chose se montre à
quelqu'un. En d'autres termes, la seule et véritable
donnée est que nous comprenons quelque chose comme
quelque chose. La manifestation est ainsi originairement
liée à l'interprétation, l'apparence vraie a une teneur
imaginale et donc métaphorique (bildhaft). C'est
pourquoi Gadamer peut dire de la phénoménologie herméneutique
qu'elle est une cognitio imaginativa.
We publiceren alleen reviews die voldoen aan de voorwaarden voor reviews. Bekijk onze voorwaarden voor reviews.