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Au début des années 1980, les Kali’na de Guyane – les Kali’na T lewuyu – ont pris place dans le champ de la politique occidentale, en exigeant de se voir reconnaître comme « peuples ayant droit à disposer d’eux-mêmes ». Ils ouvraient ainsi la voie à l’expression d’un mouvement politique autochtone en Guyane, dont ils restent les principaux animateurs et porte-paroles. Depuis les années 1950, ils avaient fait l’expérience du projet d’assimilation mené par la France, mais, au cours des dernières décennies, le rythme de leur entrée dans les nouveaux champs de la modernité globale, culturelle, économique et politique s’est accéléré. L’espace social et politique à l’intérieur duquel ils peuvent se penser comme un collectif s’est donc profondément transformé, mais est-il tout de même possible de lire une certaine permanence qui signerait jusqu’à aujourd’hui une manière kali’na de penser le politique et de « faire société » ? Par-delà la diversité des angles d’attaques et des objets, les textes rassemblés dans ce volume saisissent la manière dont se construit de nos jours la société kali’na de Guyane et du proche Suriname, s’inscrivant tout à la fois dans un espace culturel et social caribe ancré dans le temps long et dans un espace culturel et social postcolonial, sur le plan tant local que national.