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Dotremont, encore un nom qui a longtemps percuté mes oreilles. On me parlait de ses calligrammes, sans me préciser qu’il s’agissait de logogrammes. Et je me demandais bien à quoi pouvaient ressembler ces figures, et quelle était la raison de leur succès. Pourquoi ce nom avait-il réussi à inspirer ici, chez nous, une profonde admiration à la hauteur de celle que provoquait la mention de Magritte ?
Le voile s’est levé, il y a quelques mois lors de l’exposition consacrée à l’artiste aux Musées Royaux des Beaux-Arts. Je me suis rendu dans ce sous-sol sombre qui sert dorénavant de lieu d’exposition aux œuvres d’art moderne. Et j’ai lu sur la page manuscrite de 1962 : « … Le train auquel nous assignons d’être mongol, qui nous assigne devant la Mongolie, qui cesse d’être moyen de locomotion pour devenir palais de la rencontre et de la découverte, curieux couloir qui donne sur lui-même, serpent. » Je ne sais plus ensuite si j’ai fait l’exposition dans le bon sens car après avoir vu et lu toutes les œuvres les plus tardives de l’artiste, je me retrouvai face à d’autres œuvres d’art abstrait. Elles n’étaient pas des logogrammes, elles avaient été peintes par d’autres artistes. Mais pour la première fois, je pouvais les lire. La contemplation des œuvres de Dotremont, en nous amenant à constater que « la lisibilité se dérobe », nous forge la clé de l’art abstrait. Les portes s’ouvrent. Même les caractères chinois et arabes que nous ne pouvions lire, changent d’aspect. Nous pouvons faire l’expérience esthétique de ces caractères que nous rejetions avant comme illisibles. Dans les peintures abstraites, nous voyons désormais tous les traits du monde dans la plénitude du sens, nous percevons que ces traits sont issus de la volonté de l’artiste de transmettre un sens. Tout devient déchiffrable grâce à la transformation opérée par le dispositif de Dotremont. Il ne s’agit pas de comprendre le sens exact des traits de la peinture, mais de sentir qu’ils ont été pourvus d’intention, que ce sont des expressions, des mots concrets. Les toiles de Dotremont dévoilent tout ce que les peintres voient dans l’acte de peindre. Une telle découverte justifiait le succès de l’artiste, il était l’inventeur d’un lieu de passage, d’initiation des novices à une signification substantielle de la peinture. Je suis sorti émerveillé d’avoir reçu cette clé, mais bien peu informé sur la trajectoire du serrurier. L’article de Georges A. Bertrand comble ce manque, je lis avec intérêt tous les éléments qui ont participé à ouvrir l’esprit de Dotremont à cette vérité qu’il contenait, qu’il formait l’espace d’un temps face au papier avec toute la splendeur que ses yeux avaient accumulée par le passé et qui devait servir à nous amener autre part, outremont.