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Le chasseur de primes ne doit pas s’attacher à son employeur, ni au pays qui l’héberge, sous peine de troubles affectifs et de manques trop prégnants. Il risque de baisser sa garde et de ne plus prospecter l’univers en quête d’autres horizons. Alors, il jongle avec l’absence, ironise tendrement sur la précarité des sentiments. Lorsqu’il trouve un nouveau chantier d’écriture, il vide ses yeux et son esprit pour faire de la place à la nouveauté. Bien entendu il s’use comme s’use toute masse musculaire. De retour au foyer, sur la scène du repos, s’avancent vers lui les traces anciennes.
Joël Bastard
Le livre : Extraits
Petit livre à l’usage de ceux qui s’intéressent à celui qui va de résidence en résidence, d’atelier d’écriture en atelier d’écriture, de texte en texte, en quête d’une prime. D’une mise à prix de l’immatériel !
Tout ce qui suit a été écrit en résidences d’écrivain. Je ne réclame aucune indulgence sur cela. Il faut bien vivre et je vais où on me demande, tel un marin - ce que fut mon père qui transporta des bananes et parfois des hommes d’un point à un autre des océans. J’ai été le plus souvent merveilleusement accueilli et puis au bout de la énième résidence, dans certaines circonstances, on finit par se poser la question, mais qu’attend-t-on exactement d’un écrivain ? L’écrivain est-il un plombier qui conduit l’eau sacrée ? Est-il un charpentier qui protège du ciel et de la foudre ? Est-il un fanfaron qui amuse la galerie ? Est-il un infirmier qui soigne la plaie des hommes et fait passer la médication ? Est-il un produit révélateur de l’instantané d’une situation ou d’un lieu ? Il est dans tous les cas quelqu’un qui ne fait que passer et qui lui-même a besoin des autres pour vivre alors qu’il désire être seul pour travailler !
Chasseur, ichthyophage, frugivore, pasteur, laboureur, selon l’abondance ou la stérilité de la terre.
Guillaume Thomas
Quel paysage dois-je descendre ? Quel portrait dois-je croquer ? Quel arbre dois-je abattre ? Le chasseur de primes se prépare dans l’ombre de sa maison douillette. Ses chaussures sont prêtes. Son regard affûté. Ses bagages bouclés. Son bâton de marche à la main, il ne se retourne pas sur le seuil de sa maison et sur tous ceux qui resteront là.
Il prend le train, l’avion, l’autobus, direction l’autre. L’étranger. Sa démarche est calme. Il traverse villes, campagnes et villages à la vitesse d’un stylo plume. Les enfants le saluent dans les écoles. Les hommes envient sa liberté et les femmes se confient en aparté dans des canapés littéraires. D’autres ne sont pas dupes, ils savent bien que les déplacements de ce solitaire ne sont qu’illusions !
Partir, c’est regarder intensément la postière pour la dernière fois avant longtemps et ne rien lui